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miércoles, 13 de junio de 2012

La OTAN prepara una amplia operación de intoxicación en Siria

Desde la Red Voltaire ( Thierry Meyssan) informa de un probable golpe de estado orquestado desde la OTAN y el CCG.
Sería una mezcla de los golpes de estado y manipulación propagandista realizados en Venezuela y Libia.
Es necesario estar atentos a los acontecimientos y lo que se publique y publicite sobre Siria.
Los medios de comunicación citándose unos a otros como para dar más veracidad a los hechos son todos cómplices.
Van a lanzar informaciones falsas que confirmarían otros medios, van a manipular las imágenes como han hecho en Venezuela, en Libia, y recientemente en Siria para justificar hechos que no son. Incluso con falsos decorados como se vio en Libia.
Podremos contar con la participación de  la BBC y FOX en Inglaterra, pasando por la más neocon de USA como CNN y el apoyo incondicional de las televisiones del Golfo patrocinadas por la CIA como son Al-Jazeera y Al-Arabiya. También se podrían usar las televisiones privadas libanesas más que afines a USA como son Future TV ( del grupo Hariri) o MTV ( Murr  television) y France 24 de Francia.

Esto si ocurre, como ya ha ocurrido no sólo está penado y condenado por la ONU sino que se consideran crímenes contra la paz, similar a considerarse crímenes de guerra pues la justifican y la provocan.
El ministro de exteriores ruso, Sergey Lavrov, ha avisado a las cancillerías involucradas en el nuevo grupo de contacto para Siria( plan B para pacificar la zona visto como han boicoteado la iniciativa de Koffi Anan) que en el orden del día, y como tema prioritario de la primera sesión a mantener en Moscú el 20 de Junio, es el cese de la propaganda y manipulación informativa contra Siria y Rusia.


martes, 12 de junio de 2012

Mientras tanto en Siria...




España acapara ahora las portadas de todos los medios debido al rescate de casi 17 billones de pesetas impuesto por un ministro de economía que tiene buen curriculum para quebrar entidades. Ahora, ya, quiebra hasta su país.
Pero mientras el pavor nos invade ( al típico estilo impactante de la política militarista norteamericana de choque y pavor), lo que se avecina en Siria puede ser de lo peor visto en la humanidad.

Visto que ha fracasado el intento de derrocar el gobierno sirio mediante terrorismo, matando a su población, y acusando de atroces matanzas, fuentes no confirmadas hablan de la posibilidad de un ataque con material químico a la población causando tantos muertos que pueda remover de una vez por todas la opinión pública a favor del otro lado de la balanza.

Supuestamente, el material químico habría sido "reciclado" desde Libia con la bendición de la OTAN, para servir actos terroristas afines a la causa imperialista.

Desde la red voltaire, Thierry Meyssan además ofrece otro escenario nada desdeñable por el cual, ante la falta de efecto de los atentados y la violencia hasta ahora ejercida sobre Siria, desde el Pentágono, se estaría orquestando un golpe de efecto televisado, con estudios y decorados ( igual que pasó en Libia) y un sinfín de medios de comunicación sincronizados, para desmoralizar la población siria, montando una película de ficción con la caída del régimen.




Esto ocurre cuando tanto Rusia como China han bloqueado cualquier maniobra que implique una guerra ilegal, o movimientos militares sin mandato del UNSC, como ha asegurado el gobierno norteamericano que haría.
Rusia y China han dejado claro que la respuesta suya sería militar.


domingo, 3 de junio de 2012

Houla muestra la verdad sobre occidente


L’affaire de Houla illustre le retard du renseignement occidental en Syrie
 Thierry Meyssan


Les Occidentaux n’ayant jamais tort, il est peu probable qu’ils reconnaîtront s’être trompé à propos du massacre de Houla. Mais l’important n’est pas de savoir s’ils rectifieront ou non l’image mensongère que leur propagande fabrique de la Syrie. L’important, c’est l’évolution du rapport de forces entre l’OTAN et l’OCS. Or, l’affaire de Houla montre que les Occidentaux sont incapables de savoir ce qui se passe sur place, tandis que le renseignement militaire russe n’ignore rien du terrain.
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108 corps ont été exposés par l’Armée « syrienne » libre [1] dans une mosquée à Houla. Selon les rebelles, il s’agissait des dépouilles de civils massacrés le 25 mai 2012 par des miliciens pro-gouvernementaux, désignés sous le terme de « Shabbihas ».

Le gouvernement syrien est apparu complètement déstabilisé par la nouvelle. Il a immédiatement condamné la tuerie qu’il a attribuée à l’opposition armée.

Alors que l’agence de presse nationale, SANA, ne parvenait pas à donner des précisions avec certitude, l’agence de presse catholique syrienne, Vox Clamantis, a publié sans délai un témoignage sur une partie des événements accusant formellement l’opposition [2]. Cinq jours plus tard, la chaine russe d’information continueRossiya 24 (ex-Vesti) a diffusé un reportage très circonstancié de 45 minutes qui reste à ce jour l’enquête publique la plus détaillée [3]

Les États occidentaux et du Golfe, qui œuvrent à un « changement de régime » en Syrie et ont déjà reconnu l’opposition comme interlocuteur privilégié, ont adopté la version des événements fournie par l’ASL sans attendre le rapport de la Mission d’observation des Nations Unies (UNSMIS). À titre de sanction, la plupart d’entre eux ont mis en œuvre une mesure préparée en cas de besoin : l’expulsion des ambassadeurs syriens de leurs pays respectifs. Cette mesure politique ne vaut pas rupture des relations diplomatiques, le reste du personnel diplomatique syrien restant accrédité sur place.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une déclaration présidentielle condamnant le massacre sans désigner de coupable. Il a en outre rappelé le gouvernement syrien à ses responsabilités, à savoir protéger sa population avec des moyens proportionnés, c’est-à-dire sans recours à des armes lourdes [4].

Au contraire, le Haut-commissaire aux Droits de l’homme, Navi Pillay, a rapporté les allégations accusant les autorités syriennes et a demandé que le dossier soit transmis à la Cour pénale internationale.

Le président français François Hollande et son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ont exprimé leur intention de convaincre la Russie et la Chine de ne pas faire obstacle à une résolution du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force. Tandis que la presse française accuse la Russie et la Chine de protéger un régime criminel.

Répondant à ces mises en cause, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Denissov, a regretté que la position française soit une « simple réaction émotionnelle », dénuée d’analyse. Il a souligné que la position constante de son pays, dans ce dossier comme dans les autres, n’était pas de soutenir un gouvernement, mais un peuple (étant entendu que le peuple syrien a plébiscité le président el-Assad lors du dernier référendum constitutionnel).

À la demande du gouvernement de Damas, la Mission d’observation des Nations Unies s’est rendue sur place. Elle a été accueillie par l’opposition qui contrôle cette zone et a pu établir divers constats destinés à l’élaboration de son rapport d’étape.

Lors d’une conférence de presse à usage intérieur, le président de la Commission d’enquête syrienne sur le massacre a lu un bref communiqué dévoilant les premiers éléments de l’enquête en cours. Selon lui, le massacre a été perpétré par l’opposition dans le contexte d’une opération militaire de l’ASL dans la zone.

Conscients que le rapport de la Mission d’observation de l’ONU pourrait se retourner contre eux, les Occidentaux ont fait créer une Commission d’enquête supplémentaire par le Conseil des Droits de l’homme de Genève qu’ils contrôlent. Celui-ci pourrait rendre rapidement un rapport pour imposer une version avant que le Mission d’observation ne rende ses conclusions.

Comment savoir ce qui s’est passé à Houla ?

Immédiatement et sans enquête les agences de presse et les chancelleries occidentales attribuaient au gouvernement syrien la responsabilité de la tuerie.



Deux obstacles principaux entravent les enquêteurs : le gouvernement syrien a perdu le contrôle de Houla depuis plusieurs semaines. Les magistrats syriens ne peuvent donc pas se rendre sur place et si des journalistes y parviennent, ce ne peut être qu’avec l’accord et sous la surveillance rapprochée de l’ASL. Il y a cependant une exception : une équipe de Rossiya 24, la chaîne d’information continue russe, a réussi à circuler dans la zone sans escorte et a y réaliser un reportage exceptionnellement circonstancié.

La Commission officielle syrienne affirme avoir recueilli de nombreux témoignages, mais déclare qu’elle ne les présentera à la presse qu’une fois le rapport définitif établi. Jusque là, l’identité de ces témoins est protégée par le secret de l’instruction. Cependant, la télévision publique a diffusé plusieurs témoignages, le 1er juin.

Les enquêteurs disposent également de vidéos exclusivement fournies par l’ASL.

Enfin l’ASL ayant regroupé les corps dans une mosquée et ayant commencé les inhumations le lendemain même, il n’a pas été possible aux observateurs de l’ONU de procéder aux constatations médico-légales sur nombre de dépouilles.


Les conclusions du Réseau Voltaire


Les victimes de la tuerie de Houla.



Houla n’est pas une ville, mais une zone administrative regroupant trois localité d’environ 25 000 habitants chacune, aujourd’hui en grande partie abandonnées. Le bourg sunnite de Tal Daw était sous contrôle rebelle depuis plusieurs semaines. L’Armée « syrienne » libre y avait imposé sa loi. L’Armée nationale sécurisait les voies de transport en tenant plusieurs postes sur des routes de la zone, mais ne s’aventurait plus hors de ces routes.

Des individus ont enlevé des enfants et ont tenté en vain d’extorquer des rançons [5]. En définitive, ces enfants ont été tués quelques jours avant le massacre de Houla, mais leurs corps ont été apportés par l’Armée « syrienne » libre pour être exposés avec les autres.

Le 24 mai au soir, l’Armée « syrienne » libre a lancé une très vaste opération pour renforcer son contrôle sur la zone et faire de Tal Daw sa nouvelle base. Pour ce faire, 600 à 800 combattants, venus de districts plus ou moins éloignés, se sont rassemblés à Rastan et Saan, puis sont allés attaquer simultanément les postes militaires. Pendant ce temps, une équipe fortifiait Tal Daw en y installant cinq batteries de missiles anti-tanks et épurait la population en éliminant quelques habitants.

Les premières victimes à Tel Daw furent une dizaine de personnes apparentées à Abd Al-Muty Mashlab —un député du parti Baas fraîchement élu, devenu secrétaire de l’Assemblée nationale— ; puis la famille d’un officier supérieur, Mouawyya al-Sayyed. Les cibles suivantes furent des familles d’origine sunnite qui s’étaient converties au chiisme. Parmi les victimes figurent la famille de deux journalistes de Top News et New Orient News, des agences de presse membres du Réseau Voltaire. Plusieurs personnes, y compris des enfants, ont été violées avant d’être tuées.

Seule une des positions de l’Armée nationale étant tombée, les assaillants ont changé de stratégie. Ils ont transformé leur défaite militaire en opération de communication. Ils ont attaqué l’hôpital Al-Watani, qu’ils ont brûlé. Ils ont transporté des corps pris à la morgue de l’hôpital et ceux de diverses victimes à la mosquée, où ils les ont filmés.

La théorie d’un massacre unique commis par des miliciens pro-gouvernementaux ne résiste pas aux faits. Il y a eu des combats entre loyalistes et rebelles, ainsi que plusieurs massacres de civils pro-gouvernementaux par des rebelles. Puis, une mise en scène a été organisée par l’Armée « syrienne » libre en mélangeant des cadavres d’origine différentes, correspondants à des décès survenus durant plusieurs jours.

Au demeurant, l’existence des « Shabbihas » est un mythe. Il y a certainement des individus favorables au gouvernement qui se sont armés et peuvent commettre des vengeances, mais il n’existe aucune structure, aucun groupe organisé qui puisse être qualifié de milice pro-gouvernementale.


Implications politiques et diplomatiques

L’ambassadrice de Syrie Lamia Chakkour.

L’expulsion des ambassadeurs syriens par les États occidentaux est une mesure qui a été préparée bien à l’avance pour être coordonnée. Les Occidentaux attendaient un massacre de ce type pour la mettre en œuvre. Ils ont ignoré les très nombreux massacres précédents car ils savaient qu’ils avaient été commis par l’Armée « syrienne » libre, et ils se sont emparés de celui-ci en croyant qu’il avait été perpétré par des miliciens pro-gouvernementaux.
L’idée d’une expulsion coordonnée n’a pas été imaginée à Paris, mais à Washington. Paris avait donné son accord de principe sans examiner les implications juridiques. Dans la pratique Lamia Chakkour est également ambassadrice de Syrie près l’Unesco, elle ne peut donc être expulsée du territoire français en vertu de l’Accord de siège. Et même si elle n’était plus accréditée à l’Unesco, elle ne pourrait être expulsée car elle a la double nationalité franco-syrienne.
Les expulsions ont été coordonnées par Washington pour créer l’illusion d’un mouvement général, de manière à faire pression sur la Russie. En effet, les États-Unis cherchent à tester le nouveau rapport de force international, à évaluer les réactions russes, et à savoir jusqu’où ils peuvent aller.
Toutefois le choix du massacre de Houla est une erreur tactique. Washington s’est saisi de cette affaire sans en vérifier les détails et en pensant que personne ne pourrait les vérifier. C’est oublier qu’en quelques mois, Moscou a investi le pays. Plus de 100 000 Russes résident désormais en Syrie. Ils n’ont bien sûr pas simplement déployé un système high tech de protection anti-aérienne pour décourager l’OTAN de bombarder la Syrie ; ils ont aussi installé des unités de renseignement incluant des militaires capables de se déplacer dans les zones rebelles. En l’occurrence, Moscou est parvenu à faire la lumière sur les faits en quelques jours. Ses spécialistes ont réussi à identifier les 13 membres de l’ASL coupables de cette tuerie, et ils ont transmis leurs noms aux autorités syriennes. Dans ces conditions, non seulement Moscou ne s’est pas laissé impressionné, mais a durci sa position.
Pour Vladimir Poutine, le fait que les Occidentaux aient voulu faire du massacre de Houla leur symbole montre qu’ils ne maîtrisent plus la réalité de terrain. Ayant retiré les officiers qui encadraient au sol l’Armée « syrienne » libre, les Occidentaux ne disposent plus que des renseignements de leurs drones et de leurs satellites pour observer ce qui se passe. Ils deviennent vulnérables aux mensonges et aux vantardises des mercenaires qu’ils ont envoyés sur place.
Vu de Moscou, ce massacre n’est qu’une tragédie parmi bien d’autres que les Syriens endurent depuis un an. Mais son instrumentation hâtive par les Occidentaux montre que ceux-ci n’ont toujours pas élaboré de nouvelle stratégie collective depuis la chute de l’Émirat islamique de Baba Amr. En définitive, ils avancent au jugé et ont donc perdu l’avance qui permet au joueur d’échec de l’emporter.
[1] Le Réseau Voltaire a choisi de transcrire ASL en plaçant « syrienne » entre guillemets pour souligner que cette milice est largement composée d’étrangers, et que son commandement n’est pas syrien.
[2] « Fractionnements irréversibles en Syrie ? », Vox Clamantis, 26 mai 2012.
[3] Global Research a traduit en anglais la retranscription d’extraits de cette émission. Voir : “Opposition Terrorists "Killed Families Loyal to the Government"”, Voltaire Network, 1er juin 2012.
[4] « Syrie : que dit le Conseil de sécurité ? », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 28 mai 2012.
[5] C’est actuellement le principal problème sécuritaire dans le pays. Beaucoup de voyous qui avaient été recrutés pour grossir les rangs de l’Armée « syrienne » libre ont été démobilisés faute de poursuite du financement. Restés en possession des armes fournies par les Occidentaux, ils se livrent à du grand banditisme, principalement des enlèvements contre rançon.

martes, 14 de febrero de 2012

Se termina la partida en el Medio Oriente

por Thierry Meyssan
RED VOLTAIRE | DAMASCO (SIRIA) | 14 DE FEBRERO DE 2012

Hace 11 meses que las potencias occidentales y las monarquías del Golfo se empeñan en desestabilizar la nación siria. Varios miles de mercenarios han sido infiltrados en el país. Reclutados por Arabia Saudita y Qatar en los medios extremistas sunnitas, estos elementos armados llegaron a Siria para derrocar al «usurpador alauita» Bachar al-Assad e imponer una dictadura de inspiración wahhabita. Cuentan con el más moderno equipamiento militar, incluyendo equipos de visión nocturna, centrales de comunicación y robots para el combate urbano. El apoyo encubierto que les proporcionan las potencias de la OTAN les garantiza además acceso a datos indispensables en materia de inteligencia militar, como imágenes satelitales de los desplazamientos de las tropas sirias e intercepciones de las comunicaciones telefónicas.Esta operación se presenta al público occidental de forma tendenciosa, como si se tratara de una revolución política ahogada en sangre por una implacable dictadura. Pero no todos se creen esa mentira. La rechazan Rusia, China y los países latinoamericanos miembros del ALBA [Alternativa Bolivariana para las Américas. Nota del Traductor.]. Y es que las experiencias históricas de estos países les han permitido comprender clara y rápidamente el trasfondo de la operación montada contra Siria. Los rusos recuerdan lo sucedido en Chechenia, los chinos no olvidan los acontecimientos de Xinjiang y los latinoamericanos tienen muy presente las guerras sucias contra Cuba y Nicaragua. En todos esos casos, más allá de las apariencias ideológicas o religiosos, la CIA recurrió a los mismos métodos de desestabilización.


     

Lo que más sorprendente resulta en esta situación es ver cómo los medios de prensa occidentales se autoconvencen de que los salafistas, los wahhabitas y los elementos armados de Al-Qaeda son individuos amantes de la democracia, a pesar de que siguen utilizando los canales de televisión vía satélite de Qatar y Arabia Saudita para lanzar constantes llamados a degollar a los herejes alauitas y a los observadores de la Liga Árabe. No importa que Abdelhakim Belhaj (número 2 en la jerarquía de Al-Qaeda desde la muerte oficialmente proclamada de Osama ben Laden) llame a desencadenar la yihad en Siria. La prensa occidental sigue tratando de imponer su romántica versión de la supuesta revolución liberal.Lo más ridículo es oír como, al hacerse eco de los informes del Observatorio Sirio de los Derechos Humanos sobre los crímenes del régimen y sus víctimas, los medios occidentales siguen divulgando servilmente las acusaciones cotidianas que profiere la rama siria de la Hermandad Musulmana. ¿Desde cuándo esa hermandad de golpistas se interesa por la defensa de los derechos humanos



Sólo bastó que los servicios secretos occidentales sacaran del sombrero un títere llamado «Consejo Nacional Sirio», con un sociólogo de la parisina universidad de la Sorbona como presidente y con una portavoz que no es más que la amante de un ex jefe de la DGSE [Dirección General de la Seguridad Exterior, la agencia de inteligencia de Francia. NdT.], para convertir a los «terroristas» en «demócratas». Como por arte de magia, la mentira se convierte así en una verdad mediática. Las personas secuestradas, mutiladas y asesinadas por la Legión Wahhabita se convierten, por obra y gracia de la prensa, en víctimas del tirano, mientras que los jóvenes sirios de todas las confesiones que sirven en el ejército nacional para defender su país de la agresión sectaria son presentados como soldados alauitas que oprimen a su propio pueblo. La desestabilización de Siria por parte de fuerzas extranjeras se convirtió a su vez en un episodio de la llamada «primavera árabe». El emir de Qatar y el rey de Arabia Saudita, dos monarcas absolutistas que nunca han organizado elecciones en sus propios países y que no vacilan en encarcelar a todo el que protesta contra sus regímenes, se convirtieron a su vez en defensores de la revolución y de la democracia. Francia, el Reino Unido y Estados Unidos, países que acaban de asesinar a 160 000 libios en violación del mandato que el Consejo de Seguridad de la ONU les había otorgado, se transformaron por su parte en filántropos protectores de la población civil, etc., etc., etc.El doble veto ruso y chino del 4 de febrero de 2012 representa el fin de la guerra de baja intensidad que la prensa occidental y la del Golfo habían venido enmascarando con su campaña mediática. La OTAN y sus aliados han recibido una clara advertencia de que deben cesar las hostilidades y retirarse si no quieren tener que asumir una verdadera guerra de carácter regional, o incluso mundial.




El 7 de febrero llegó a Damasco una importante delegación rusa que incluía entre sus miembros a los más altos responsables de la inteligencia rusa, delegación que recibió una cálida acogida dispensada por una multitud entusiasta, segura de que el regreso de Rusia a la escena internacional significa el fin de la pesadilla. La capital siria y Alepo –la segunda ciudad sirie en importancia– se vistieron de blanco, azul y rojo y sus habitantes desfilaron por las calles portando banderolas en ruso. En el palacio presidencial, la delegación rusa se reunió con las de otros países, esencialmente de Turquía, Irán y Líbano. Se procedió entonces a la conclusión de una serie de acuerdos con vistas al restablecimiento de la paz. Siria aceptó proceder a la entrega de 49 instructores militares que habían sido hechos prisioneros por el ejército nacional. Turquía intercedió para lograr la liberación de los ingenieros y los peregrinos iraníes secuestrados, incluyendo a los que se encontraban en manos de los franceses (y de paso fue eliminado el teniente Tlass, quien mantenía secuestrados a los ingenieros iraníes por cuenta de la DGSE). Turquía puso fin a toda forma de apoyo al «Ejército Sirio Libre», cerró sus instalaciones en suelo turco (con excepción de la que se encuentra en la base que posee la OTAN en Incirlik) y entregó a su jefe, el coronel Rifat al-Assad. En su papel de garante de la aplicación de dichos acuerdos, Rusia fue autorizada a reactivar la antigua base soviética de intercepción del monte Qassium.Al día siguiente, el Departamento de Estado estadounidense informó a la oposición siria en el exilio que no debe contar en lo adelante con la ayuda militar de Estados Unidos. Al darse cuenta de que han traicionado a su país sin obtener nada a cambio, los miembros del Consejo Nacional Sirio se han lanzado ahora a la búsqueda de nuevos padrinos. Uno de ellos llegó incluso a escribirle a Benjamin Netanyahu pidiéndole que invada Siria.


Al cabo de un periodo de 2 días, plazo imprescindible para la aplicación de estos acuerdos, el ejército nacional de Siria se lanzó al asalto de las bases de la Legión Wahhabita. En el norte del Líbano, cuyo ejército también emprendió una ofensiva contra la Legión Wahhabita, un gigantesco arsenal fue confiscado en la región libanesa de Trípoli y 4 oficiales occidentales fueron hechos prisioneros, en la zona de Akkar, en una antigua escuela de la UNRWA convertida en cuartel general militar. En Siria, el general Assef Chawkat dirigió personalmente las operaciones. Al menos 1 500 elementos armados han sido capturados, entre ellos un coronel del servicio técnico de la DGSE, y más de mil personas resultaron muertas. No ha sido posible determinar, por el momento, cuántas de las víctimas mortales son mercenarios extranjeros, sirios que colaboraban con las fuerzas extranjeras o civiles atrapados en una ciudad en guerra.Líbano y Siria han restablecido su soberanía en sus territorios nacionales.Algunos intelectuales polemizan ahora sobre si Vladimir Putin ha cometido un error al proteger a Siria arriesgándose a tener que enfrentar una crisis diplomática con Estados Unidos. Se trata de una cuestión mal planteada. Al reconstruir su potencial a lo largo de todos estos años y consolidar ahora su posición en la escena internacional, Moscú pone fin a dos décadas de un orden mundial unipolar que permitía a Washington seguir extendiendo su propia hegemonía hasta alcanzar una dominación global. La alternativa planteada no era aliarse a la pequeña Siria o aliarse al poderoso Estados Unidos, sino permitir que la primera potencia mundial procediera a la destrucción de un Estado más o modificar la correlación de fuerzas y crear un orden internacional más justo en el que Rusia podrá desempeñar un papel.

lunes, 12 de diciembre de 2011

Guerra de baja intensidad en Siria



par Thierry Meyssan


Alors qu’elle appliquait jusqu’à présent le scénario de l’intervention militaire humanitaire qui avait fait ses preuves en Yougoslavie et récemment en Libye, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord doit revoir sa copie en Syrie. Désormais il s’agira d’appliquer la même stratégie que pour l’Irak : mettre le pays en état de siège au mépris des populations pour l’affaiblir suffisamment avant le prochain assaut.




La secrétaire d’Etat Hillary Clinton lors du Saban Forum, Washington, 3 décembre 2011.

L’OTAN est en train de revoir sa stratégie syrienne. Après huit mois de guerre de basse intensité et malgré l’infiltration de très nombreux combattants arabes et pachtounes, la société syrienne ne s’est toujours pas fracturée. Certes, quelques affrontements confessionnels ont eu lieu à Deraa, Banyas et Homs, mais ils ne se sont pas étendus et n’ont pas perduré. Pour l’Alliance, il est illusoire de croire pouvoir susciter rapidement une guerre civile qui puisse justifier une « opération humanitaire internationale ».

Ce constat intervient alors que la coalition militaire ad hoc est en crise. Lors de la guerre contre la Libye, l’initiative avait été assumée par la France et le Royaume-Uni. Cependant, les deux poids lourds européens en la matière s’étaient avérés incapables de mobiliser les moyens nécessaires. En réalité, les trois quart de l’effort de guerre avaient été fournis ou financés par le Pentagone. Surtout, le déploiement de dispositifs incomplets aurait pu tourner au désastre si la Libye avait décidé d’attaquer les bateaux et les hélicoptères de l’Alliance [1]. Le problème est beaucoup plus grave avec la Syrie, dont la population est quatre fois plus nombreuse que celle de la Libye, et dont l’armée est aguerrie par les précédents conflits régionaux.

Il avait donc été convenu de renforcer le tandem franco-britannique en lui adjoignant l’Allemagne. Un accord tripartite aurait dû être négocié le 2 décembre à l’occasion de l’anniversaire décalé du Traité de Lancaster House [2] qui fixa l’organisation des forces de projection jointes franco-britanniques et scella le sort de la Libye [3]. Or, ce sommet a été annulé. En pleine crise économique occidentale, Berlin n’entend pas engager des dépenses de guerre sans garanties de retour sur investissement.

La rationalité budgétaire allemande bouscule les rêves épiques du complexe militaro-industriel américano-israélien. Le départ de Robert Gates et l’ascension d’Hillary Clinton ont illustré le retour sur la scène mondiale du projet de « remodelage du Moyen-Orient élargi » et son extension à l’Afrique du Nord. Cette doctrine, dérivée de la pensée impériale de Leo Strauss, se présente comme une perpétuelle fuite en avant, la guerre n’ayant plus d’autres objectifs qu’elle même. Elle convient parfaitement à l’économie de guerre des États-Unis, mais pas du tout à l’économie industrielle pacifique allemande.

Le projet de guerre conventionnelle contre la Syrie pose de nombreuses questions économiques. Aucune nation européenne n’y trouvera d’intérêt à court ou moyen terme, mais beaucoup peuvent y perdre. Dans le cas libyen, des hommes d’affaire britanniques et français ont pu encaisser des dividendes immédiats en renégociant de manière avantageuse leurs concessions pétrolières, tandis que les Turcs et les Italiens ont été les dindons de la face, perdant presque tous leurs marchés dans leur ancienne colonie.

En attendant qu’une coalition militaire ad hoc soit formée, l’OTAN s’est provisoirement repliée sur la guerre économique. Elle entend assiéger la Syrie, lui couper toute possibilité commerciale aussi bien à l’import qu’à l’export, et saboter ses moyens de production. Sous le vocable bien-pensant de « sanctions », les États de l’Alliance et leurs vassaux de la Ligue arabe ont déjà institué un gel bancaire qui interdit le commerce de commodités. Ils se concentrent maintenant sur la fermeture des voies de communication, notamment les lignes aériennes, et le retrait des multinationales, principalement les compagnies pétrolières. Ainsi, après Shell et Total, Petro-Canada se retire, fermant derrière elle la centrale qui alimente en électricité la ville de Homs.

Surtout, la première action de sabotage d’envergure a débuté contre le pipe-line approvisionnant cette même centrale électrique afin qu’il ne soit pas possible de la faire fonctionner en l’absence des ingénieurs canadiens. Cette action a été revendiquée par l’Armée syrienne libre, sans qu’il soit possible de savoir de qui elle est vraiment l’œuvre : de militaires félons, de mercenaires d’Al Qaida ou de commandos atlantiques.

On n’observe pour le moment aucune pénurie en Syrie, hormis en matière de mazout et d’électricité. Pour pallier au choc du siège, Damas met en place de nouveaux échanges avec Beijing. L’embargo bancaire impose qu’ils s’effectuent sous forme de troc, comme la Chine le fait déjà avec l’Iran. Ce système devrait permettre à la Syrie de sauver son économie, à l’exception du secteur touristique durablement sinistré.

Quoi qu’il en soit, le siège de la Syrie a déjà fait de nombreuses victimes économiques en Turquie. L’annulation du traité de libre-échange et l’instauration de droits de douane prohibitifs ont ruiné les régions frontalières. Et si les Syriens acceptent d’endurer des privations pour sauver leur patrie, les Turcs ne sont pas prêts à subir le même sort pour les ambitions de l’OTAN.

En outre, ce changement de stratégie place le Conseil national syrien en porte à faux. Les politiciens qui revendiquaient une forme d’action non-violente inspirée des révolutions oranges de Gene Sharp [4] sont contraints d’assumer des sabotages revendiqués par les combattants de l’Armée syrienne libre. Le conflit est d’autant plus vif que les uns et les autres sont basés à Istanbul et appelés à se côtoyer.

La suspension du plan d’intervention militaire internationale a été confirmée par le retour à Damas des ambassadeurs des États-Unis, de France et d’Allemagne. Elle implique une inflexion de la campagne médiatique. D’ores et déjà, les médias anglo-saxons ont abandonné les références aux accusations les plus outrancières et les moins crédibles lancées contre Bachar el-Assad, telle que celle de faire torturer des enfants. Le département d’État lui-même ne décrit plus le président syrien comme un monstre, mais comme un homme « déconnecté de la réalité » (sic) [5]. Son cas ne nécessite donc plus de traitement urgent. Au demeurant, la révélation par divers journalistes de la réalité syrienne, à mille lieues de l’image de propagande véhiculée depuis huit mois [6], rend un moment de silence indispensable.
Thierry Meyssan



[1] « La guerre de Libye aurait pu mal tourner pour les Alliés »,Réseau Voltaire, 9 novembre 2011.

[2] « Déclaration franco-britannique sur la coopération de défense et de sécurité », Réseau Voltaire, 2 novembre 2010.

[3] « Washington regarde se lever "l’aube de l’odyssée" africaine », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 mars 2011.

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

[5] « Daily Press Briefing », Département d’État, 6 décembre 2011.

[6] « Запад и ближневосточные монархии жаждут сожрать Сирию », par Thierry Meyssan, Komsomolskaia Pravda, 29 novembre 2011.

domingo, 27 de noviembre de 2011

Mentiras y verdades sobre Siria

Articulo sacado íntegramente de la Red voltaire, y escrito como no, por el siempre crítico Thierry Meyssan.
Más de lo mismo, más mentiras, más manipulación, y más ganas de matar a gente en base a mentiras y engaños.
Más guerras humanitarias, como todas las últimas guerras que estamos viendo donde el imperio no contraataca, sino que ataca descaradamente.
Guerras preventivas, guerras para defender a los civiles, guerras para prevenir guerras civiles, guerras por los derechos civiles, y guerras para esparcir la democracia.
Ojo, pero guerras al fin y al cabo donde mueren más civiles que nunca, y donde el objetivo como siempre son o intereses economico-militares, o estratégico-políticos como son los derrocamientos de los gobiernos y la colocación de los agentes fantoches afines.
El nuevo colonialismo es así





par Thierry Meyssan

Depuis huit mois, les dirigeants occidentaux et certains médias publics font campagne pour une guerre en Syrie. Les accusations d’une extrême gravité qu’ils portent contre Bachar el-Assad intimident ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé d’une nouvelle intervention militaire. Tous ? non, car —avec l’appui du Réseau Voltaire— certains sont venus vérifier sur place et ont pu mesurer l’ampleur de la propagande de l’OTAN. Thierry Meyssan fait le point sur l’état de la guerre médiatique.


Formé à Paris sous l’égide de la France, le Conseil national syrien entend renverser le régime du président Bachar el-Assad. Il est présidé par Burhan Ghalioun, professeur de sociologie à l’université de la Sorbonne (ici avec Alain Juppé, le 23 novembre 2011).

En 1999, lors de la guerre du Kosovo, le Réseau Voltaire s’indigna de ce que la France puisse entrer dans le conflit aux côtés de l’OTAN sans vote de l’Assemblée nationale avec la complicité passive des présidents de groupes parlementaires. Nous considérâmes que le refus du président de la République et du Premier ministre d’organiser un authentique débat augurait de l’opacité avec laquelle cette guerre serait conduite. Aussi, nous prîmes l’initiative de publier un bulletin quotidien sur le conflit. Les sites internet du gouvernement serbe ayant été immédiatement détruits par l’Alliance atlantique, nous ne pouvions avoir accès à la version serbe des événements. À défaut, nous avons souscrit des abonnements aux agences de presse de la région (croate, bosniaque, grecque, chypriote, turc, hongroise etc. ). Tout au long du conflit, nous avons présenté chaque jour un résumé de la conférence de presse de l’OTAN à Bruxelles et un résumé du témoignage des journalistes des pays riverains ; des pays ayant parfois de lourds contentieux avec la Serbie, mais dont les gouvernements partageaient entre eux une même narration des événements. Au fur et à mesure du temps qui passait, la version de l’OTAN et celle des journalistes locaux s’écartèrent jusqu’à ne plus avoir aucun point commun. À la fin, il s’agissait de deux histoires radicalement différentes. Nous n’avions aucun moyen de savoir qui mentait et si l’une des deux sources disait vrai. Nos lecteurs avaient l’impression de devenir schizophrènes, d’autant que les médias ouest-européens ne relayaient que la version de l’OTAN et que, par conséquent, nos lecteurs n’étaient confrontés aux deux versions parallèles qu’en nous lisant. Nous avons continué cet exercice de style durant les trois mois de combats. Lorsque les armes se sont tues et que des confrères et des amis ont pu se rendre sur place, ils ont constaté avec stupeur qu’il n’y avait pas eu « de la propagande des deux côtés ». Non : la version de l’OTAN était entièrement fausse, tandis que celle des journalistes locaux était entièrement vraie. Dans les mois qui suivirent, des rapports parlementaires dans plusieurs États membres de l’Alliance établirent les faits. Plusieurs ouvrages parurent sur la méthode mise au point par le conseiller en communication de Tony Blair qui permit à l’OTAN de manipuler la totalité de la presse occidentale : le « story telling ». Il est possible d’intoxiquer la totalité des journalistes occidentaux et de leur masquer les faits, si on leur raconte un conte pour enfants, à la condition de ne jamais interrompre la narration, de la charger de références réveillant de lointaines émotions, et de lui conserver sa cohérence.

Je n’avais pas eu le réflexe de courir en Serbie avant la guerre et je n’ai pas pu le faire lorsque les armes parlèrent. Par contre, ami lecteur, je suis aujourd’hui en Syrie où j’ai pris le temps d’enquêter et où j’écris cet article. C’est en pleine connaissance de cause que je peux affirmer que la propagande de l’OTAN est aujourd’hui en action à propos de la Syrie comme elle le fut à propos de la Serbie.

L’Alliance a commencé à raconter une histoire déconnectée de la réalité, dont le but est de justifier une « intervention militaire humanitaire », selon l’oxymore blairien. Le parallèle s’arrête là : Slobodan Milosevic était un criminel de guerre que l’on cherchait à présenter comme un criminel contre l’humanité pour pouvoir dépecer son pays ; Bachar el-Assad est un résistant à l’impérialisme et au sionisme qui a soutenu le Hezbollah lorsque le Liban était attaqué et soutient le Hamas et le Jihad islamique dans leur quête pour la libération de la patrie palestinienne.
Quatre mensonges de l’OTAN

1. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, des manifestations de masse auraient lieu depuis huit mois en Syrie pour réclamer plus de libertés et le départ du président Bachar el-Assad.

C’est faux. Il y a bien eu, dans quelques villes des manifestations contre le président Bachar el-Assad à l’appel de prédicateurs saoudiens et égyptiens s’exprimant sur Al-Jazeera, mais elles n’ont rassemblé au total, au grand maximum, que 100 000 personnes. Elles ne réclamaient pas plus de libertés, mais l’instauration d’un régime islamique. Elles exigeaient le départ du président el-Assad, non pas à cause de sa politique, mais parce que ces manifestants se réclament d’un courant sectaire du sunnisme, le takfirisme, et accusent Bachar el-Assad d’être un hérétique (il est alaouite) usurpant le pouvoir dans un pays musulman qui, selon eux, ne peut être gouverné légitimement que par un sunnite de leur école théologique.

2. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le « régime » aurait répondu en dispersant les foules par des tirs à balles réelles, faisant au moins 3 500 morts depuis le début de l’année.

C’est faux. D’abord, il ne peut pas y avoir de répression de manifestations qui n’ont pas existé. Ensuite, dès le début des événements, les autorités ont compris que l’on cherchait à provoquer des affrontements confessionnels dans un pays où la laicité est la colonne vertébrale de l’État depuis le VIIIe siècle. Le président Bachar el-Assad a donc interdit aux forces de sécurité, polices et armée, de faire usage d’armes à feu dans toute circonstance où des civils pourraient être blessés. Il s’agit d’empêcher que des blessés, voire des morts, de telle ou telle confession, soient instrumentés pour justifier une guerre de religion. Cette interdiction est respectée par les forces de sécurité au péril de leur vie, comme nous le verrons plus loin. Quand aux morts, ils sont moitié moins nombreux. La plupart ne sont pas des civils, mais des soldats et des policiers, ainsi que j’ai pu le constater en visitant des hôpitaux et morgues civils et militaires.

3. Après que nous ayons réussi à briser le mur du silence et à obtenir que de grands médias occidentaux rapportent la présence en Syrie d’escadrons de la mort venus de l’étranger, tendant des embuscades contre l’armée, et assassinant des civils au cœur des villes, l’OTAN et ses alliés du Golfe ont communiqué sur la présence d’une armée de déserteurs. Selon eux, des militaires (mais pas de policiers) qui auraient reçu l’ordre de tirer sur la foule se seraient rebellés. Ils auraient pris le maquis et constitué l’Armée syrienne libre, déjà forte de 1 500 hommes.

C’est faux. Les déserteurs ne sont que quelques dizaines, ayant fuit en Turquie où ils sont encadrés par un officier du clan Rifaat el-Assad/Abdel Hakim Khaddam publiquement lié à la CIA. Il y a par contre de plus en plus d’insoumis, de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire, souvent plus sous la pression de leur famille que par décision personnelle. En effet, les militaires qui se trouvent pris dans une embuscade n’ont pas le droit de faire usage de leurs armes à feu pour se défendre si des civils se trouvent sur les lieux. Ils doivent donc faire le sacrifice de leur vie s’ils ne parviennent pas à fuir.

4. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le cycle révolution/répression aurait laissé la place à un début de « guerre civile ». 1,5 million de Syriens, pris au piège, souffriraient de la faim. Il conviendrait donc d’organiser des « couloirs humanitaires » pour acheminer une aide alimentaire et permettre aux civils qui le souhaitent de fuir les zones de combat.

C’est faux. Au regard du nombre et de la cruauté des attaques par les escadrons de la mort venus de l’étranger, les déplacements de population sont peu nombreux. La Syrie est auto-suffisante en matière agricole et la production n’a pas baissé de manière significative. Par contre, la plupart des embuscades ayant lieu sur les grands axes routiers, ceux-ci sont fréquemment interrompus. En outre, lorsque des attaques ont lieu au centre des villes, les commerçants ferment immédiatement leurs boutiques. Il en résulte de graves problèmes de distribution, y compris en matière d’alimentation. Le fond du problème est ailleurs : les sanctions économiques ont provoqué un désastre. Alors que la Syrie avait au cours de la décade une croissance de l’ordre de 5 % par an, elle ne peut plus vendre ses hydrocarbures en Europe occidentale tandis que son industrie touristique est sinistrée. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils font des économies sur tout. Le gouvernement les prend en charge et procède à des distributions gratuites de fuel (pour le chauffage) et de nourriture. Dans ces conditions, il conviendrait plutôt de dire que si le gouvernement el-Assad n’intervenait pas, 1,5 million de Syriens souffriraient de malnutrition du fait des sanctions occidentales.

En définitive, alors que nous n’en sommes au stade que de la guerre non-conventionnelle, avec l’envoi de mercenaires et de forces spéciales pour déstabiliser le pays, la narration par l’OTAN et ses alliés du Golfe s’est déjà considérablement éloignée de la réalité. Ce fossé va se creuser de plus en plus.

Pour ce qui vous concerne, ami lecteur, vous n’avez aucune raison de me croire plus que l’OTAN, n’étant pas vous-mêmes sur place. Vous avez cependant plusieurs éléments qui devraient vous mettre la puce à l’oreille.Bernard-Henry Lévy, qui se flatte d’avoir embarqué la France dans la guerre de Libye dans l’intérêt d’Israël, annonce dans « Le Parisien » qu’il a une liste de cibles.
Quatre évidences soigneusement cachées par l’OTAN

1. On pourrait croire que les imputations sur la prétendue répression et sur le nombre de victimes ont été soigneusement vérifiées. Pas du tout. Elles ne proviennent que d’une seule et même source : l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, dont les responsables requièrent l’anonymat. Que valent des accusations de cette gravité si elles ne sont pas recoupées et pourquoi des institutions comme le Haut-Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU les reprennent-elles sans les vérifier ?

2. La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité ouvrant la voie à une intervention militaire internationale. Les responsables politiques de l’OTAN nous expliquent, désolés, que les Russes protègent leur base navale militaire de Tartous et que les Chinois feraient n’importe quoi pour racler quelques barils de pétrole. Devons-nous accepter l’idée manichéenne que Washington, Londres et Paris sont guidés par de bons sentiments tandis que Moscou et Pékin seraient essentiellement égoïstes et insensibles au martyre d’un peuple ? Comment ne pas remarquer que la Russie et la Chine ont bien moins d’intérêt à défendre la Syrie que les Occidentaux n’en ont à la détruire ?

3. Il y a une certaine étrangeté à observer la coalition des États soi-disant bien intentionnés. Comment ne pas remarquer que les deux principaux contributeurs de la Ligue arabe et promoteurs de la « démocratisation » de la Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont des dictatures vassales des États-Unis et du Royaume-Uni ? Comment ne pas se demander si les Occidentaux —qui viennent de détruire successivement l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tuant plus d’1,2 million de personnes en dix ans et montrant le peu de cas qu’ils font de la vie humaine— sont bien crédibles en brandissant l’étendard humanitaire ?

4. Surtout, pour ne pas se laisser manipuler à propos des événements en Syrie, il convient de les replacer dans leur contexte. Pour l’OTAN et ses alliés du Golfe —dont les armées ont envahi le Yémen et le Bahrein pour y écraser les manifestations dans le sang—, la « révolution syrienne » est le prolongement du « printemps arabe » : les peuples de la région aspirent à la démocratie de marché et au confort de l’American Way of Life. Au contraire, pour les Russes et les Chinois, comme pour les Vénézuéliens ou les Sud-Africains, les événements de Syrie sont la continuation du « remodelage du Moyen-Orient élargi » annoncé par Washington qui a déjà fait 1,2 million de morts et que toute personne soucieuse de la vie humaine se doit d’arrêter. Ils se souviennent que le 15 septembre 2001, le président George W. Bush programma sept guerres. La préparation de l’attaque de la Syrie débuta officiellement le 12 décembre 2003 avec le vote du Syrian Accountability Act dans la foulée de la chute de Bagdad. Depuis ce jour, le président des États-Unis —aujourd’hui Barack Obama— a pour ordre du Congrès d’attaquer la Syrie et est dispensé de venir devant les assemblées pour ouvrir le feu. Dès lors, la question n’est pas de savoir si l’OTAN a trouvé une divine justification pour entrer en guerre, mais si la Syrie trouvera un moyen de se sortir de cette situation comme elle est parvenue à échapper à toutes les accusations diffamatoires et à tous les pièges précédents, tel que l’assassinat de Rafik Hariri ou le raid israélien contre une imaginaire centrale nucléaire militaire.
Des médias mainstream occidentaux témoignent

Au terme de cet article, je voudrais vous indiquer, ami lecteur, que le Réseau Voltaire a facilité un voyage de presse organisé à l’initiative du Centre catholique d’information des chrétiens d’Orient, dans le cadre de l’ouverture aux médias occidentaux annoncé par le président el-Assad à la Ligue arabe. Nous avons aidé des journalistes mainstream à voyager dans les zones de combat. Nos collègues ont d’abord mal vécu notre présence à leur côtés, à la fois parce qu’ils avaient un a priori négatif à notre égard et parce qu’ils pensaient que nous cherchions à leur bourrer le crâne. Par la suite, ils ont pu constater que nous sommes des gens normaux et que le fait de choisir notre camp ne nous a pas fait renoncer à notre esprit critique. En définitive, bien qu’ils soient intimement persuadés de la bienveillance de l’OTAN et ne partagent pas notre engagement anti-impérialiste, ils ont vus et entendus la réalité. Avec honnêteté, ils ont restitué dans leurs reportages l’action des bandes armées qui terrorisent le pays. Certes, ils se sont abstenus de contredire ouvertement la version atlantique et ont essayé de concilier ce qu’ils avaient vu et entendu avec elle, ce qui les a parfois conduit à des contorsions autour du concept de « guerre civile » opposant l’armée syrienne à des mercenaires étrangers. Quoi qu’il en soit, les reportages de la Radio Télévision Belge (RTBF) ou de La Libre Belgique, pour ne citer qu’eux, montrent que, depuis huit mois, l’OTAN masque l’action des escadrons de la mort et impute mensongèrement leurs crimes aux autorités syriennes.
Thierry Meyssan